immersion dans l’ultra-cyclisme et traversée de Paris by night

Après les Championnats de France de trail disputés au Mont Ventoux, j’ai pris le départ de la Race Across sur le format 500 km, avec Alexa comme assistance à la base de vie, un rôle qu’elle avait déjà tenu lors de l’Ultra Marin.
Pourquoi le format Race Across Paris 500 km ?
Pourquoi avoir choisi le format 500 km ? Plusieurs raisons m’ont poussé à relever ce défi.

D’abord, l’envie de traverser Paris by Night. En 2025, j’étais encore en activité professionnelle et cette expérience n’était pas envisageable. Ensuite, après avoir découvert l’ultra-endurance en course à pied, je voulais tester l’ultra à vélo, goûter aux sensations de rouler de nuit en autonomie, en suivant une trace GPS sur une longue distance et un parcours totalement inconnu.
Après le Ventoux et une semaine de récupération à Alicante, j’avais établi un plan de route précis : boucler la première boucle vers 19h ou 20h, profiter d’une vraie pause à la base de vie, puis repartir entre 23h et minuit pour la seconde boucle et sa fameuse traversée de Paris by night.

Les préparatifs
La veille du départ est consacrée aux formalités : récupération du dossard, contrôle du vélo et vérification du matériel obligatoire. L’organisation ne plaisante pas avec la sécurité. Le briefing confirme le sérieux de l’événement.
Vendredi : levé 5h00, petit déj copieux, partir tôt pour assurer un stationnement à proximité.
8h45 Alexa me rejoint pour le départ. La météo est top. Les 2 traces (dernière version) sont bien dans le Garmin. Récupération de la balise GPS dans le sas de départ.
9h06 c’est parti, Ne pas trop envoyer, ne pas se laisser griser par les concurrents qui doublent. Penser à boire et bien s’alimenter. Limiter les arrêts. Drafting interdit.
Direction Amiens, vent ¾ face, ça roule bien. Je gère le cardio et la cadence. Dès que je peux, je me mets sur les prolongateurs. Traversée du quartier St leu avec tous les piétons à l’heure du déjeuner (Pas top), cathédrale, quartier piétonnier du centre-ville, remontée vers Salouël pour le retour. Passage au centre d’Amiens en 3h45 pour 105km.
Km 125 : arrêt 15’ cimetière pour le plein des gourdes et manger mes 2 sandwichs. Vent de dos, les kilomètres défilent
Km 202 : arrêt ravito boulangerie d’Étouy flan, Schweppes agrumes, eau pétillante, eau plate. St leu-d’Esserent là, galère. Un concurrent m’informe qu’il y a eu une modification sur la trace initiale. Je n’ai pas reçu la notification. Obligé de le suivre, mais à la sortie de Gouvieux je le perds. Je ne suis pas loin de la fin de cette journée, mais si je ne respecte pas la trace, c’est la disqualification. Je m’arrête, j’appelle le PC course afin qu’il m’oriente. Dans Chantilly, la trace nous fait descendre des escaliers. Là, je commence à m’agacer. Finale de cette première boucle passage devant le Château et ses fameux pavés.
Total 227Km, 8h48, 1700D+. Il est 18h

Je retrouve Alexa à proximité de la base de vie. Je suis en avance sur mon tableau de marche, je décide de me poser 3h et repartir vers 21h.
Elle s’occupe de placer mon électronique sur les points de chargement prévu par l’organisation. Je vais manger un bon repas (le ravitaillement est au top), me doucher.
On discute de choses et d’autres et surtout la suite : Paris de nuit ! je suis venu pour ça. Pas que je n’ai pas envie de continuer. Mais après échange le matin avec des concurrents, j’apprends que la Vallée de Chevreuse la nuit ça va être froid et humide.
Je pars me reposer 1h dans le dortoir et la chance est avec moi, j’ai le seul vrai matelas.

A mon réveil, au moment de me relever les cuisses se contractent : crampes !! Je mets 10 bonnes minutes à essayer d’étirer.
Ouf ! je peux me mettre debout.

Qui nous a rejoint ?
Le Prez et le Community Manager de l’ASTRE. Ça motive !
Je m’habille et je prépare dans mon sac de vêtements en prévision de la nuit. J’ai 2 paires de gants mi saison et une paire de gants en soie. A ce moment, je ne sais pas encore que je vais regretter ne pas avoir des gants hiver.

21h00 : comme prévu, je m’élance pour la seconde boucle. Il fait bon, je ne suis pas trop couvert pour ce début de soirée.

46km 2h15 je rentre dans Paris par la porte de St Ouen. Piste cyclable obligatoire. Montée Rue Lepic à Montmartre pour se rendre au Sacré Coeur avec les touristes qui déambulent. Redescente pour se diriger vers Pigalle. Passage dans des rue interdites aux voitures mais autorisées au vélos.
Eglise de la Madeleine, Place de la Concorde, traversée de la Seine Pont de la Concorde, Quai d’Orsay,
Au niveau du Pont d’Iena, vue sur la tour Eiffel illuminée ( petite photo souvenir). Retraversée de la Seine par le Pont Bir-Hakeim, les quais pour sortir de Paris par la Porte St Cloud.
Traversée de Paris 16km en 1h00
Passage à Meudon, je remplis mes gourdes à la sortie de la ville. Versailles à 1h10
Km 100, il est 2h du mat. L’humidité commence à se faire ressentir à travers ma veste thermique. J’enfile ma veste de pluie par-dessus, je change de gants. La température au compteur descend. A partir de ce moment, je sais que je n’ai pas les gants adaptés à la situation. Je peste contre moi. J’aurais dû être plus prévoyant. J’ai bien des chaufferettes pour l’urgence. Mais dans des gants humides de transpiration, c’est d’aucune utilité. Je roule, la vitesse dans les descentes accentue le froid. Une pensée me traverse l’esprit ne pas crever, je serais incapable de réparer.
Km 140 Boissy sans Avoir 4h15, je suis obligé de mettre pieds à terre dans un abri de bus (construction à l’ancienne bien fermé). Mes mains son trop engourdies impossible de passer les vitesses et si je dois freiner en urgence ça peut-être vite dangereux.
Je sors chaufferettes, gants en soie. Priorité me réchauffer, puis je mange 2 sandwichs, compote, barres. Autant mettre à profit cet arrêt. Je passe un peu en mode geek pour donner des news et lire les différents messages. Je recharge mon compteur, j’ai une trace à suivre !!! Le fait de m’arrêter, une envie de sommeil commence à faire tomber mes paupières. Pas le choix, je sors une couverture de survie et je me recouvre. Je vais faire des micro-siestes, attendre le lever du jour pour repartir.
6H15 je range mon sac. Je m’assure de rien oublier. Je repars avec gants en soie sous mes gants.
6h30 c’est reparti. Il fait frais, les mains sont au chaud. Objectif trouver une boulangerie, me taper un petit déj. Le top, apprécier les premiers rayons du soleil.
Km 166 7h35 Traversée de Mantes la ville. Bingo, petit déj !! pains aux raisins, grand café au chaud. je reste 20 minutes.
Direction la Roche Guyon et son château, mais surtout à la sortie du village pour les amateurs de D+ la route des crêtes.
Km 195 9h15 coup de chaud dans l’ascension, j’ai transpiré comme un boeuf dans cette montée.
Je profite d’être bien exposé au soleil, une vue à 360°, pour changer mes vêtements hauts.
Déballage, déshabillage, séchage et tenue adaptée pour la journée . Refaire une nouvelle fois le sac. Profiter de manger aussi car la fin risque d’être longue.
La météo va être top. Reste tout le Vexin à traverser avec le vent de face sur certaines portions. Succession de montée descentes avec parfois de belles patates à gravir.
Je vais opter pour une stratégie 34/30 ou 32 dans toutes les bosses afin de relancer sur le plat. Pas de pédalages dans les descente pour récupérer, ne pas accentuer la fatigue musculaire.
Km 220 11h15 Marines, Arrêt boulangerie sandwich thon crudités, flan, eau plate + eau gazeuse. Je me pose , je prends le temps de savourer ce sandwich bien frais. Manger un truc que l’on apprécie fait un bien fou. Je sais qu’il reste 120 km, calcul rapide 25km/h, c’est encore 5h de roulage.
Arrêt un peu plus de 20’. Je reprends la route
Toujours dans le Vexin ça monte, ça descend. Je commence à ressentir des douleurs aux appuis sur la selle. Arrêt technique, crème anti friction. Idem les paumes de mains. J’atteins Ronquerolles, Chambly, Bornel Km251 enfin des routes que je connais.
Cavillon, descente sur Ully, remontée sur Mouy, Liancourt Km 287,; Ma soeur et mon beauf sont là pour m’encourager et me donner de l’eau. Alexa et son ami qui essaie de suivre ma trace me récupère aussi et elle m’annonce qu’elle m’a acheté un flan. je refais le plein des bidons au cimetière d’Angicourt.
Villers st Paul, Passerelle à Verneuil c’est Manu qui attend mon passage, fleurines.

Avant l’entrée de Fleurines, la trace nous fait prendre 1km de sentier forestier. Je suis dingue, je n’ai pas un gravel.
Apremont, Vineuil Km316. Là, je me dis : on tourne à droite, 2 km et c’est plié. Mais non le GPS dit à gauche petite boucle pour repasser sur les pavés devant le château. Je suis resté à pédaler très lentement mais l’envie m’a traversé l’esprit de marcher. En fait, il y avait trop de monde.
Passage sous l’arche d’arrivée 324Km ; 19h32 ; 3440 d’ascension
Alexa est arrivée avant moi et m’attends pour une petite vidéo.
Au final, j’ai parcouru 550km en 31h22
Classement 72ème anecdotique
Temps arrêt cumulé : 7h45
Nous étions 153 à nous élancer pour ce défi. 130 franchissent la ligne d’arrivée.







