TVO 2026 : le compte rendu que Bruno aurait dû écrire il y a 135 jours. Il était temps. Le Triathlon de la Vallée de l’Oise 2026 s’est déroulé le 3 mai dernier à Saint-Leu-d’Esserent. Nous sommes aujourd’hui le 15 septembre. Oui,135 jours.
« Et Gros…pourquoi attendre aussi longtemps pour avoir le compte rendu de cette 26ᵉ édition du TVO…. La réponse est simple. J’attendais Charles termine sa cap… vous ne connaissez pas Charles… moi non plus… suis sur ses côtes depuis… allez je balance le compte-rendu…
Quelques jours avant la course, j’annonce les favoris et les grands absents… j’y vais de mon petit pronostic… j’ai une règle, ne pas citer les jeunes en devenir tant qu’ils ne font pas de podiums et confirment le potentiel… je vais devoir revoir la règle en 2027…
Dimanche 3 mai, 364 personnes ont participé à ce TVO 2026 à Saint-Leu-d’Esserent.
358 en sont ressorties classées. Six ont préféré s’arrêter en route, et honnêtement, on ne leur en veut pas.
26e édition du Triathlon de la Vallée de l’Oise, support des championnats de l’Oise 2026. Un seul homme est passé sous l’heure. Et un cadet de l’Astre Creillois est monté sur le podium scratch.
Le sas de la vérité
Avant la course, on vous avait laissé choisir votre sas de départ selon votre temps de nage estimé : moins de 12 minutes, moins de 15, plus de 15. On vous faisait confiance. On avait tort.
Bilan sur les 359 nageurs chronométrés :
| Sas annoncé | Nageurs réellement dans le temps |
|---|---|
| Moins de 12′ | 19 |
| Moins de 15′ | 103 |
| Plus de 15′ | 256 |
Dix-neuf personnes sous les douze minutes. Dix-neuf. Le premier sas, lui, ressemblait davantage à une salle d’attente de préfecture un lundi matin. Et 256 triathlètes ont découvert, quelque part entre la première et la deuxième bouée, que l’eau libre ne rend pas les culbutes.
Les coulisses : pourquoi le départ ressemblait à ça
Le TVO contre les vacances scolaires
Petit aveu préalable : le TVO tombe en plein milieu des vacances scolaires parisiennes. Résultat, le premier dimanche de mai, c’est le grand chassé-croisé. Pendant que 364 personnes se mettaient à l’eau à Saint-Leu-d’Esserent, une partie des clubs franciliens était en stage, quelque part au soleil, à empiler les heures de selle, plus ceux qui participaient à la selection régional D3 en triathlon à Hénin-Beaumont.
Mention spéciale au T.N.T. Ezanville. Rentrés de leur stage au Salagou la veille. Venus quand même. À 31 triathlètes. Et repartis avec la victoire scratch, le meilleur temps vélo de la journée et trois hommes dans les huit premiers. On imagine l’état des jambes au réveil, on imagine encore mieux l’ambiance dans les voitures sur la départementale 316.
Voilà un club qui a décidé que le TVO valait le détour, et ça, on ne l’oublie pas.
On l’avait annoncé dans notre présentation d’avant-course : cette édition se courait sans plusieurs habitués du haut de tableau. Florian Maguerre (2e en 2024, 3e en 2025, et accessoirement 2h26 à Séville pour son premier marathon), Paul et Mathieu Bourlet, Alexandre Ioos côté hommes.
Lisa et Chloé Jaillet, première et deuxième en 2025, Justine Carlier et Prune Mesyngier côté femmes. À quoi s’ajoute Nicolas Le Dizes (Vallée de Montmorency), annoncé dans la vague pseudo-élite mais absent de dernière minute.
Ça fait du monde. Et ça se voit sur la densité en tête de course : moins de bagarre entre le 5e et le 15e que les deux éditions précédentes. L’option Jardinage 🪴 de Benjamin Sauzéat a un impact à cette lecture de densité… promis… on en parle après
Mais une start-list amputée, c’est aussi une inconnue, et l’inconnue est rarement une mauvaise nouvelle. Les absents libèrent de la place, et la place, quelqu’un finit toujours par la prendre. C’est comme ça qu’on voit émerger des triathlètes qu’on n’attendait pas. Il y en avait sur cette ligne de départ dimanche. Certains ont fini sur le podium.
Un mot sur la densité
On va être sincères deux minutes, parce que ça compte plus que le reste de cet article.
On grandit avec l’opposition. Un triathlon, ce n’est pas qu’un contre-la-montre en solitaire avec un classement ajouté à la fin : c’est quelqu’un devant vous à quinze secondes qui vous oblige à ne pas lever le pied (rappelle-toi sur tes sorties du dimanche, du mec en velo qui va chercher le pain), c’est un sas de natation où vous êtes obligé de tenir les pieds de plus rapide que vous, c’est le type qui vous double au troisième kilomètre et qui vous fait découvrir que vous aviez encore de la marge.
Il faut de la densité pour ça. Beaucoup de monde, et du monde à tous les niveaux.
On a beaucoup aimé les éditions du TVO depuis 2023. Des plateaux fournis, des chronos qui descendent d’année en année, des jeunes qui arrivent et qui bousculent les habitudes. Tout le monde progresse en même temps, et personne ne progresse tout seul. Vos adversaires ne sont pas là pour vous embêter, ils sont là pour vous pousser à devenir la meilleure version de vous-même.
C’est pour ça qu’on continue à organiser cette course. Et c’est pour ça qu’on vous veut tous au départ en 2027, stage ou pas stage.
Pourquoi une mass-start élite, mass-start catégorie jeunes puis un rolling start
Il répond à deux contraintes qui n’ont rien à voir l’une avec l’autre.
La première, c’est le vélo. Un rolling start intégral sur un parcours comme le nôtre, ça finit inévitablement en paquets : des groupes qui se recollent, des écarts de niveau qui se télescopent au premier virage, et une tête de course qui doit slalomer dans du trafic pour aller chercher un chrono. Faire partir les meilleurs ensemble, sur une vraie ligne, c’est fluidifier le parcours pour tout le monde et garantir que la victoire se joue à la pédale, pas à la circulation. Et ça change aussi la stratégie dès la natation : quand vous savez qui part avec vous, vous savez quels pieds il faut tenir.
La seconde, c’est le championnat de l’Oise. La seconde, c’est le championnat de l’Oise. Le TVO en est le support, et un championnat se dispute en confrontation directe : mass-start par catégorie, tout le monde sur la même ligne, le premier arrivé est le champion. Pas de calcul de départ décalé, pas de chrono à reconstituer. D’où les trois vagues du matin : élites, juniors, cadets et cadettes.
Pour les seniors et les masters, c’est le rolling start par sas. Et c’est assumé. Leur priorité, ce n’est pas un titre départemental. C’est d’évoluer en sécurité, de sortir une bonne journée et d’enchaîner la suite de la saison sans casse. Deux objectifs différents, deux formats de départ différents.
Comment on a composé la vague Pseudo-élite
J’ai pris la liste des inscrits, et suis allé chercher, dans les archives des dix dernières éditions, les temps de natation et de vélo de chacun. Pas le temps final, le temps final, c’est la course à pied qui le décide, et la course à pied ne provoque pas d’embouteillage sur le parcours vélo. Ce qui nous intéressait, c’était de repérer qui sortirait de l’eau devant et qui roulerait fort. Avec la simulation des temps passages sur strava, je savais à peu près où les différents triathletes allaient se croiser…
Le critère tient en une phrase : tu nages vite, tu appuies comme un cochon sur les pédales, tu es en vague pseudo-élite.
Pour les nouveaux venus sans historique chez nous, j’ai regardé les résultats ailleurs. Pour les cas limites, j’ai tranché à l’instinct,
Et l’instinct, parfois, ça donne ça : qui, parmi les 364 engagés, aurait mis Charles en vague pseudo-élite ? Personne ne se serait mouillé.



Je savais qu’en positionnant les élites, suivi d’une minute par juniors ensuite les cadets également à une minute… que les meilleurs de chaque sas voulaient rattraper le sas précédent…. ahhahah la la nature humaine….
En me baladant dans le parc à vélo pour saluer les clubs présents avant de commencer les , j’ai titillé les deux juniors du Stade de Reims Triathlon (les fréres Lemoine, souvent dans le Top 15/20 national France jeunes en aquathlon / duathlon / triathlon d’aller toucher les pieds des pseudos élites… Ils l’ont pris au mot.
L’affaire des enveloppes
Dernier détail, et il n’est pas anodin : les emplacements du parc à vélos ont été regroupés par club. Ça change l’ambiance d’avant-course, ça permet se chambrer aussi avant le départ ou de rassurer son collègue… et dossard 1 pour Florian vainqueur de l’épreuve, dossard 2 pour Benjamin…. enfin c’est ce qui était prévu
Toute organisation a son moment de flottement. Le nôtre est arrivé la veille, à la préparation des enveloppes de dossards.
Deux Sauzéat sur la liste. Le père, Olivier en rolling start. Le fils, Benjamin en vague pseudo-élite. Nos bénévoles ont interverti les deux enveloppes. Personne ne s’en est aperçu avant le dimanche midi….

Petit coup de chaud, vérification auprès du chronométreur, décision prise sur place : Olivier garde le numéro 2, mais il part en rolling start. Le classement lit la puce, pas le dossard. Personne n’a été pénalisé, tout le monde est parti au bon endroit, et le père a fini la journée avec un plus joli numéro dossard que son fils.
Et puis il y a eu les arbres
L’autre imprévu est arrivé la veille, et celui-là n’était pas de notre fait. Des arbres sont tombés sur le tracé de la course à pied. Impossible de faire passer les coureurs dessus ou dessous.
On a donc remodelé le parcours dans l’urgence, rebalisé, refléché, et croisé les doigts. Ça a globalement tenu. Globalement. La suite est plus bas.
Le podium scratch : une heure pile, et puis un cadet

Regardez bien le podium avant de lire la suite. Premier : vague élite. Deuxième : vague junior, partie une minute plus tard. Troisième : vague cadet, partie encore une minute après. Les trois sas ont rendu un homme chacun, dans l’ordre inverse des départs. On ne pouvait pas rêver meilleure validation du format.
Florian Richard (T.N.T. Ezanville) a plié l’affaire en 59:54. Seul homme sous la barre symbolique, avec le meilleur vélo de la journée… en ayant le luxe de dérailler sur la route entre Précy et le Rond-Point de Boran, 30:43. Sorti en tête de l’eau avec les 2 jeunes du Stade de Reims…. 5ème temps nat, il prend le large sur le vélo et gère les cinq derniers kilomètres avec sa blessure au mollet et les ligaments croisés dans la boite à gant… suite à une partie de foot….
Derrière, Mateo Lemoine (Stade de Reims) signe le meilleur temps de natation de la journée en 9:45. Une minute et une seconde plus vite que Richard, alors qu’il est parti une minute après lui. Autrement dit : il est sorti de l’eau à sa hauteur. La consigne du parc à vélos a été exécutée à la seconde près. Il termine deuxième en 1:01:41. Son frère Imanol, deuxième nageur du jour à trois secondes, complète le tableau de famille à la 6e place.
Et puis il y a la troisième marche.
Yanis Marcq. Cadet. Astre Creillois. 1:02:53.
Devant des seniors, devant des vétérans, devant à peu près tout le monde qui a plus du double de son âge. Et donc, oui : troisième du scratch en étant parti avec les cadets.
Les meilleurs temps par discipline
Natation (750 m)
- Mateo Lemoine, 9:45
- Imanol Lemoine, 9:48
- Stephane Sanvoisin, 10:11
Vélo (20 km)
- Florian Richard, 30:43
- Benjamin Sauzéat, 31:01
- Ludovic Dailliez, 31:19
Course à pied (5 km)
- Victor Fricoteaux, 16:23
- Yanis Marcq, 16:42
- Florian Richard, 17:00
Ceux dont on parlera moins mais qu’il fallait citer
Ludovic Dailliez (Team Wellness), 5e scratch en 1:03:45 et premier V3M. Un vétéran 3 dans le top 5 d’un plateau de 364, avec le 3e temps vélo de la journée. Nous non plus, on n’a pas de commentaire.
Michel Choron (Crépy Triathlon), V7M, 179e en 1:23:35. Devant 179 personnes qui ont, pour beaucoup, la moitié de son âge. Le triathlon est un sport où l’on ne range jamais le vélo.
Frédéric Guyader (T.N.T. Ezanville) : 107e temps de natation, 6e temps vélo, 15e au général. Une remontée de 92 places entre la sortie de l’eau et la ligne d’arrivée.
Et Thierry Zepparelli (S.O. Houilles), premier V5M en 1:10:33, 35e scratch.
La course des femmes
67 femmes classées sur 358, soit 18,7 % du plateau. La première franchit la ligne en 56e position scratch. Et il s’est passé beaucoup plus de choses dans leur course que ce qu’un classement général laisse voir.
Deux secondes, et une course retournée sur les derniers mètres
Ambre Bonnamour (Val d’Europe Triathlon) gagne en 1:13:08. Cassandre Pelcef (Team Triathlon Tergnier) termine en 1:13:10.
Deux secondes. Mais le plus intéressant, c’est comment on en arrive là.
À la sortie de l’eau, Cassandre Pelcef a 2 minutes et 1 seconde d’avance. Elle nage en 12:18, soit le 23e temps du plateau tous sexes confondus, et de très loin la meilleure natation féminine de la journée. Ambre Bonnamour, elle, sort en 14:19, 79e.
Sur le vélo, Ambre Bonnamour reprend 1:27 avec le meilleur temps vélo féminin (36:17, 53e du plateau mixte). L’écart tombe à une demi-minute.
Sur les cinq derniers kilomètres, elle reprend encore 30 secondes avec, là aussi, le meilleur temps de course à pied féminin (20:44). Et elle passe devant.
Autrement dit : Ambre Bonnamour a perdu la natation de deux minutes et gagné les deux autres disciplines. Pelcef a mené sa course de bout en bout, sauf sur la ligne. Dommage d’avoir si peu de concurrentes cette année…
Barbara Pichayrou (Vallée de Montmorency) complète le podium en 1:17:17, avec le deuxième temps de course à pied féminin.
Les meilleurs temps féminins par discipline
Natation (750 m)
- Cassandre Pelcef, 12:18 (23e du plateau mixte)
- Isabelle Bonniec, 13:15
- Johanna Moussel,13:39
Vélo (20 km)
- Ambre Bonnamour, 36:17 (53e du plateau mixte)
- Alexa Hermand, 38:16
- Johanna Moussel — 38:46
Course à pied (5 km)
- Ambre Bonnamour — 20:44
- Barbara Pichayrou — 21:01
- Cassandre Pelcef — 21:14
Les vétérantes ont pris le pouvoir
Regardez le classement féminin en détail et vous verrez un truc qu’on ne voit pas souvent.
La deuxième femme, Cassandre Pelcef, est V1F. La troisième, Barbara Pichayrou, est V2F. Et la cinquième, Isabelle Bonniec (Beauvais Triathlon), est V4F — cinquième femme du TVO en 1:18:56, avec la deuxième meilleure natation féminine de la journée. Amandine Lecuyer (Triathlon Sannois) complète l’affaire à la 10e place.
Quatre vétérantes dans le top 10 féminin. Chez les femmes, au TVO 2026, c’est l’expérience qui a dicté la course.
Les jeunes qui arrivent derrière
Johanna Moussel (Compiègne Triathlon) est la quatrième femme du scratch en 1:18:49. Elle est cadette. Troisième meilleure nageuse du plateau féminin, troisième meilleur vélo. À son âge, finir devant 63 femmes dont une majorité de seniors et de vétérantes, ça vaut qu’on retienne le nom.
Mathilde Willer (T.N.T. Ezanville) est la première junior en 1:24:40, 12e femme.
Emma Machault Boidron (Beauvais Triathlon), deuxième junior en 1:26:26, a le profil inverse : 289e temps vélo, mais 22:07 sur les 5 km, cinquième meilleur temps de course à pied féminin. Il y a un moteur là-dedans. Il reste à le mettre sur un vélo.
Mathilde Bocquillon (Astre Creillois) termine 36e femme et deuxième cadette. On en reparle plus bas.
Les titres de catégorie chez les femmes
| Catégorie | Première | Club | Temps |
|---|---|---|---|
| CAF | Johanna Moussel | Compiègne Triathlon | 1:18:49 |
| JUF | Mathilde Willer | T.N.T. Ezanville | 1:24:40 |
| S1F | Léonie Leroux | — | 1:25:37 |
| S2F | Ambre Bonnamour | Val d’Europe Triathlon | 1:13:08 |
| S3F | Oriane Del Taglia | — | 1:35:25 |
| S4F | Emmanuelle Mercier | Team Wellness | 1:20:22 |
| V1F | Cassandre Pelcef | Team Triathlon Tergnier | 1:13:10 |
| V2F | Barbara Pichayrou | Vallée de Montmorency | 1:17:17 |
| V3F | Céline Besson | — | 1:25:06 |
| V4F | Isabelle Bonniec | Beauvais Triathlon | 1:18:56 |
Le chiffre qui nous intéresse le plus
28 des 67 femmes classées ne portaient aucun maillot de club. Quatre sur dix.
Quarante-deux pour cent du peloton féminin est venu s’aligner sur un triathlon sprint en eau libre sans club derrière, sans entraîneur, sans groupe du mardi soir. Elles se sont inscrites, elles ont géré leur préparation toutes seules, et elles ont fini.
Les pronostics de la rédaction, passés au crible
Avant la course, j’avait pris le risque d’écrire quelques lignes comme je le fais sur le Bike & Run. L’exercice n’a d’intérêt que si on accepte de les relire après. Bilan.
« Florian Richard fait figure de grand favori. » Victoire en 59:54, seul sous l’heure, meilleur temps vélo. On ne va pas se vanter d’avoir deviné que le vice-champion du monde Ironman 70.3 allait gagner un sprint dans l’Oise, mais on prend…. d’ailleurs c’est quoi la suite de sa saison, DNF au Frenchman après une sortie de l’eau 8ème chez les élites. Vainqueur du 70.3 de Kraichgau en groupe d’âge, Vainqueur à Beauvais, Vainqueur Scratch Ironman 70.3 des Sables… 5ème aux championnats du monde dans sa catégorie à Nice.
« Benjamin Sauzéat s’appuiera sur une natation solide pour imposer son rythme dès le départ. » Exact sur les deux premiers tiers : 6e temps de natation, 2e temps vélo. Et puis 63e temps de course à pied, pour une quatrième place au final. une explication ?
Le jardinage de Benji sur la course à pied


Benjamin Sauzéat a jardiné sur le parcours à pied, celui qu’on avait rebalisé dans l’urgence au matin après la chute des arbres. Il n’est pas parti seul : plusieurs triathlètes se sont engouffrés dans son sillage. La minute qui sépare la 4e de la 7e place, elle se joue en grande partie là, pas dans les jambes.
Et c’est un Astre qui a réparé. Valentin Bouvier, en slip en pleine course, s’est arrêté pour remettre la rubalise en place. Il a perdu du temps, il a évité que d’autres se perdent derrière, et il a quand même fini 12e au scratch et premier de sa catégorie. On n’apprend pas ça à l’entraînement.
Et puis il y avait cette phrase
« Pour rappel, je ne les cite pas, les jeunes triathlètes, tant qu’il n’y a pas un top 5 scratch sur la course. »
Troisième. Yanis Marcq. Cadet. Troisième au scratch.
La règle a tenu trois ans. Elle a sauté en une heure, deux minutes et cinquante-trois secondes.
Ex-triathlète du dimanche
Les titres de champion de l’Oise
Le TVO étant support des championnats départementaux, une deuxième course se jouait à l’intérieur de la première : celle des licenciés des clubs de l’Oise, engagés en confrontation directe dans leur vague.
Chez les cadets, il n’y a pas eu de suspense. Yanis Marcq (Astre Creillois) devance Tom David (Compiègne Triathlon, 1:06:37) et Marvin Aufauvre (Astre Creillois, 1:09:48). Trois minutes et quarante-quatre secondes séparent le premier du deuxième : à ce niveau d’âge, c’est un gouffre.
Chez les juniors, la bagarre a été nettement plus serrée. Émile Carlier (Chantilly Triathlon) passe en 1:09:11, Timeo Bobok (Astre Creillois) en 1:09:47, Simeon Rossignol (Chantilly) en 1:10:56. Trente-six secondes entre les deux premiers après une heure et dix minutes de course.
Chez les juniors femmes, Emma Machault Boidron (Beauvais Triathlon) s’impose en 1:26:26 avec le 128e temps de course à pied du plateau — la meilleure partie de sa journée, et de loin.
Chez les cadettes, le titre revient à Mathilde Bocquillon (Astre Creillois) en 1:34:32. Elle était la seule engagée éligible à prendre le départ, et elle est allée au bout. Un titre départemental ne se refuse pas, et une ligne d’arrivée non plus.
À noter pour ceux qui éplucheront le classement scratch : Grégoire Godey (3e junior de l’épreuve) et Johanna Moussel (1re cadette de l’épreuve) n’étaient pas éligibles au championnat départemental. Leurs performances comptent au scratch, pas au titre.
Merci
Une course de 505 inscrits ne s’organise pas toute seule. Merci aux bénévoles, qui ont tenu les postes de signaleur, les barrières, les ravitaillements et le parc à vélos, souvent debout depuis six heures du matin. Merci à ceux qui ont rebalisé un parcours à pied un samedi soir parce que des arbres en avaient décidé autrement. Merci à la ville de Saint-Leu-d’Esserent et à la ville de Creil. Merci aux secouristes et à la sécurité nautique. Merci à la Ligue de Triathlon des Hauts-de-France.
Et merci à nos partenaires, qui rendent tout ça possible : V and B Saint-Maximin, Foulées Saint-Maximin, Indigo Senlis, Au Vélo Breuil-le-Vert, Lahache Métal.
Rendez-vous en 2027
Le TVO affiche complet chaque année, et l’édition 2026 n’a pas dérogé. Si vous voulez un dossard l’an prochain, la meilleure stratégie reste de ne pas attendre l’ouverture des inscriptions pour y penser.
Et si vous avez lu ce résumé en vous disant que 750 mètres, 20 kilomètres et 5 kilomètres, ce n’est finalement pas si terrible : l’école de triathlon et les entraînements adultes vous attendent à Creil. Quatre de nos cadets ont fini dans les 75 premiers d’un plateau de 364. Ils ont commencé quelque part.
La course des Astres, nom par nom

Dix engagés, dix finishers, et une particularité qui mérite qu’on s’y arrête : neuf d’entre eux sont cadets ou juniors. Quatre cadets, quatre juniors, une cadette, un senior. On n’a pas aligné une équipe, on a vidé l’école de triathlon dans le sas de départ.
| Scratch | Athlète | Catégorie | Natation | Vélo | Course à pied | Temps |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 3e | Yanis Marcq | 1er cadet | 11:02 (8e) | 33:41 (12e) | 16:42 (2e) | 1:02:53 |
| 12e | Valentin Bouvier | 1er S2M | 10:58 (7e) | 34:19 | 19:42 | 1:06:30 |
| 16e | Grégoire Godey | 3e junior | 11:09 (9e) | 36:27 | 18:30 | 1:07:33 |
| 28e | Timeo Bobok | 6e junior | 11:29 | 38:55 | 18:00 (11e) | 1:09:47 |
| 29e | Marvin Aufauvre | 4e cadet | 12:50 | 36:48 | 18:36 | 1:09:48 |
| 58e | Axel Parra | 7e cadet | 12:47 | 37:31 | 21:28 | 1:13:09 |
| 67e | Hugo Tourbin | 10e junior | 14:19 | 37:05 | 21:03 | 1:14:07 |
| 70e | Axel Zincq | 11e junior | 15:37 | 37:55 | 18:23 (15e) | 1:14:18 |
| 75e | Lois Nicolas | 9e cadet | 13:53 | 37:27 | 21:25 | 1:14:34 |
| 279e | Mathilde Bocquillon | 2e cadette | 16:52 | 50:45 | 24:53 | 1:34:32 |
Yanis Marcq, deuxième meilleur temps à pied de toute l’épreuve
Le chiffre qui fait mal : 16:42 sur les 5 kilomètres. Deuxième chrono de course à pied du Sprint, à 19 secondes de Victor Fricoteaux, et 18 secondes devant le vainqueur de l’épreuve. Sorti 8e de l’eau, 12e temps vélo, puis un dernier segment où il remonte tout ce qui bouge.
On avait promis de chambrer dans l’article d’avant-course. On va se contenter d’applaudir.
Valentin Bouvier, premier de sa catégorie
Seul senior du contingent creillois, 12e scratch en 1:06:30 et premier S2M. 7e temps de natation du plateau en 10:58. Dans un club où la moyenne d’âge tire franchement vers le bas, c’est lui qui tient la maison et qui rappelle aux jeunes qu’ils ne sont pas encore tout seuls devant.
Et il s’est arrêté en pleine course à pied pour remettre en place une rubalise arrachée. Sur une épreuve organisée par son propre club, avec un chrono en jeu et un classement qui défile. Il y a des façons plus bruyantes d’incarner un club. Celle-là nous va très bien.
Une seconde entre Bobok et Aufauvre
Timeo Bobok finit 28e en 1:09:47. Marvin Aufauvre finit 29e en 1:09:48. Une seconde. Deux profils différents — Bobok sort 14e de l’eau, Aufauvre reprend tout sur le vélo — pour un écart qu’on n’arbitrera pas ici. Ils s’en chargeront eux-mêmes à l’entraînement.
Mention à Grégoire Godey, 16e scratch et 3e junior, qui confirme qu’on peut être sur le podium de sa catégorie sans avoir le permis de conduire.
Axel Zincq, la remontée du jour
137e temps de natation. 15e temps de course à pied. Le genre de course qui ne se voit pas dans un classement général mais qui dit tout d’une capacité à ne rien lâcher quand la journée commence mal. À travailler le crawl, on a de quoi faire quelque chose.
Mathilde Bocquillon, seule Astre au féminin
2e cadette du Sprint en 1:34:32, derrière Johanna Moussel (Compiègne) — et championne de l’Oise de sa catégorie, Moussel n’étant pas éligible au titre départemental. Elle était la seule licenciée du club engagée sur l’épreuve reine. C’est un podium de catégorie, un maillot départemental, et c’est aussi un appel du pied : le triathlon féminin à l’Astre Creillois mérite mieux qu’un dossard sur dix.






