Ancien coureur cycliste creillois amputé sous le genou, Franck s’est lancé en 2019 dans le triathlon avec l’Astre Creillois. Paratriathlète engagé, il a disputé les championnats de France de paratriathlon et s’est fixé le défi de l’Ironman de Nice. Il nous parle de son matériel adapté, de sa motivation et des freins qui existent encore à la pratique du paratriathlon.

Franck, paratriathlète de l'Astre Creillois, en tenue du club sur un triathlon

Peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Franck Negre. J’ai 49 ans. Je travaille dans le transport de personnes à mobilité réduite en temps adapté (uniquement le matin) et avec un véhicule aménagé. Je suis marié et j’ai deux filles issues d’une précédente union (16 et 21 ans).

Comment es-tu venu au triathlon ?

Je suis un ancien cycliste et j’ai rencontré d’anciens coéquipiers qui se sont mis au triathlon et le défi m’a plu.

Pourquoi avoir choisi l’Astre Creillois ?

J’ai rencontré Christelle et Sandrine à la piscine de Pont-Sainte-Maxence en 2015 qui m’ont parlé de l’Astre ainsi que Manu (triathlète et maître-nageur).

Quels sont tes objectifs pour 2019 et 2020 ?

Pour octobre 2019 : objectif ne pas être ridicule au championnat de France de paratriathlon à Montluçon
Pour 2020 : un ami (Martial) m’a lancé le défi de l’Ironman de Nice 2020

Qu’est-ce qui te motive dans ce sport ?

Le dépassement de soi par le cumul des trois sports…

Quel matériel spécifique utilises-tu ?

Je nage sans jambe donc départ dans l’eau et avec une combinaison autorisée jusqu’à 28 °C. J’ai le droit à une pré-transition sortie d’eau donc une chaise. Je passe en prothèse de vélo qui n’a pas de pied mais juste un tube avec cale. Mon vélo est un chrono standard. Je change de prothèse pour la course à pied, j’ai un pied spécifique pour courir. Suivant l’organisation des triathlons j’ai soit des béquilles soit des personnes qui m’aident.

Quels sont les principaux freins à la pratique du paratriathlon ?

Le manque d’aide financière pour le matériel adapté. Dans mon cas pour courir, il me faudrait une lame de course et il faut savoir que cela coûte 10 000 € non pris en charge. On va aider le sportif connu mais pas le débutant et encore moins le débutant quinqua !

Comment mieux accueillir un paratriathlète sur nos épreuves ?

On ne parle pas assez de l’accès handisport pour le triathlon alors que les clubs organisateurs essaient de mettre tout en œuvre pour aider les participants handisport (plus d’espace pour les transitions, personnes à disposition pour les sorties d’eau…).

Quelque chose à ajouter ?

Merci à tous ceux que je rencontre le mardi et jeudi à Saint-Leu-d’Esserent de leur patience et de leur aide qui me font progresser.

Le paratriathlon à l’Astre Creillois

Discipline paralympique depuis les Jeux de Rio en 2016, le triathlon adapté se court le plus souvent sur distance sprint : 750 m de natation, 20 km de vélo et 5 km de course à pied. Les athlètes sont répartis en catégories selon leur handicap : PTWC pour les athlètes en fauteuil, PTS2 à PTS5 pour les déficiences physiques (PTS5 étant la catégorie la moins affectée, celle de Franck) et PTVI pour les déficients visuels, qui courent avec un guide. Chaque catégorie a son propre classement, ce qui permet à chacun de se mesurer à des athlètes dont le handicap est comparable.

Via la FFTRI, l’Astre Creillois est affilié à la Fédération française handisport, pour permettre à des sportifs comme Franck de pratiquer le triathlon en club. Depuis cette interview, Franck a décroché la 3e place des championnats de France de paratriathlon dans sa catégorie (PTS5). Découvrez son parcours sur notre page Du paratriathlon à l’Ironman, ainsi que nos entraînements de triathlon à Creil, ouverts à tous.